
Ethereum teste Glamsterdam sur Sepolia : Gloas prépare une blockchain plus rapide et plus scalable
Ethereum vient de franchir une nouvelle étape dans la préparation de sa prochaine grande mise à jour. Le 6 octobre 2026 à 13h53 UTC, le réseau de test Sepolia a activé Glamsterdam, une évolution qui combine deux ensembles de changements : Amsterdam pour la couche d’exécution et Gloas pour la couche de consensus. Ethereum Foundation Blog
L’objectif est ambitieux : permettre à Ethereum de traiter davantage d’opérations tout en rendant la validation des blocs plus efficace.
Pour les utilisateurs classiques, rien ne change encore. Mais pour les développeurs, validateurs et opérateurs d’infrastructure, cette étape est importante : elle permet de tester en conditions réelles une partie des mécanismes qui pourraient prochainement arriver sur le réseau principal.
Gloas : changer la manière dont Ethereum construit ses blocs
L’un des changements majeurs de Gloas est l’ePBS, ou enshrined Proposer-Builder Separation.
Aujourd’hui, la construction des blocs Ethereum repose largement sur une séparation entre le validateur qui propose le bloc et des acteurs spécialisés qui construisent les blocs, notamment autour de l’écosystème MEV-Boost.
Avec ePBS, cette séparation est davantage intégrée directement au protocole Ethereum.
Le principe est de permettre au protocole de gérer lui-même une partie de la relation entre le builder, qui construit le contenu du bloc, et le proposer, qui le soumet au réseau.
Cela doit notamment réduire la dépendance à certaines infrastructures intermédiaires et donner davantage de temps aux validateurs pour vérifier les données d’exécution. Ethereum Foundation Blog
Ce changement est particulièrement important pour l’évolution future d’Ethereum : le réseau cherche à augmenter sa capacité sans rendre la validation des blocs beaucoup plus lourde pour les opérateurs.
Les Block-Level Access Lists veulent permettre de traiter les transactions en parallèle
L’autre grande nouveauté est EIP-7928, qui introduit les Block-Level Access Lists, ou BAL.
L’idée est assez simple.
Ethereum doit savoir quelles données sont utilisées par les transactions d’un bloc. En connaissant à l’avance les comptes et les emplacements de stockage concernés, les clients peuvent mieux déterminer quelles opérations peuvent être traitées simultanément.
C’est une étape importante vers la parallélisation de l’exécution.
Aujourd’hui, une grande partie du fonctionnement d’une blockchain repose sur une exécution séquentielle, notamment parce que certaines transactions peuvent dépendre de l’état créé par d’autres.
Les BAL permettent à Ethereum de mieux identifier ces dépendances et donc, à terme, de traiter davantage d’opérations en parallèle.
C’est l’un des éléments qui doivent permettre à Ethereum d’augmenter sa capacité sans simplement demander toujours plus de puissance aux ordinateurs qui font fonctionner le réseau.
Le gaz change également
Glamsterdam ne se limite pas à la vitesse.
Ethereum modifie également son système de calcul des coûts afin de mieux prendre en compte les ressources réellement utilisées par le réseau.
Les EIP-8037 et EIP-8038 modifient notamment le coût de la création et de l’accès à l’état de la blockchain.
Cela peut sembler très technique, mais la conséquence est importante : les développeurs ne pourront plus toujours supposer qu’une opération coûte un montant de gas fixe.
Même un simple transfert d’ETH vers une adresse qui n’existe pas encore peut désormais avoir une composante supplémentaire liée à la création d’état. Ethereum Foundation Blog
Les wallets, estimateurs de gas, indexeurs et applications décentralisées devront donc être adaptés.
Pourquoi Sepolia est important
Sepolia est l’un des principaux réseaux de test publics d’Ethereum. Il permet notamment aux développeurs de tester leurs applications et leurs contrats sans utiliser de véritables ETH.
Mais Glamsterdam constitue un test beaucoup plus large.
Il concerne également les clients Ethereum, les validateurs, les builders et toute l’infrastructure qui participe à la construction et à la validation des blocs.
Avant Sepolia, Ethereum avait déjà utilisé Platåberget, un testnet public spécialement créé pour expérimenter les fonctionnalités de Glamsterdam. Le réseau avait notamment permis aux développeurs et aux validateurs de tester ePBS avant son arrivée sur les réseaux de test longue durée. Ethereum Foundation Blog
La progression est donc désormais claire :
Platåberget → Sepolia → Hoodi → Ethereum mainnet
Hoodi doit encore être programmé et la date du déploiement sur le réseau principal n’est pas encore arrêtée. Ethereum.org indique actuellement une arrivée de Glamsterdam sur le mainnet au quatrième trimestre 2026, mais sans date confirmée. ethereum.org
Ethereum veut préparer la prochaine génération du réseau
Glamsterdam s’inscrit dans une évolution plus large de la stratégie d’Ethereum.
Après Fusaka, Ethereum cherche désormais à améliorer directement la capacité de sa couche 1.
L’objectif n’est pas simplement de rendre les transactions plus rapides. Il s’agit de modifier progressivement la manière dont Ethereum :
- construit ses blocs ;
- valide les transactions ;
- accède aux données ;
- gère le gas ;
- augmente sa capacité ;
- parallélise l’exécution.
L’ambition est de pouvoir traiter davantage d’activité tout en conservant un réseau suffisamment décentralisé pour que des opérateurs indépendants puissent continuer à faire fonctionner des nœuds.
Cette logique rejoint d’ailleurs la vision plus large de Vitalik Buterin que nous avions évoquée dans notre article sur Ethereum et l’« ordinateur cryptographique » de 2030.
Le test de Sepolia n’est pas encore le lancement de Glamsterdam
Il faut cependant éviter une confusion : Glamsterdam n’est pas encore déployé sur Ethereum mainnet.
Le fork de Sepolia est une étape de validation technique.
Les développeurs vont maintenant pouvoir observer le comportement du réseau, identifier les éventuels problèmes et vérifier que les différents clients Ethereum fonctionnent correctement avec les nouvelles règles.
Pour les utilisateurs d’ETH sur le réseau principal, aucune action n’est nécessaire à ce stade. Ethereum Foundation Blog
Mais pour Ethereum, le signal est important : la prochaine génération du protocole commence désormais à fonctionner sur un réseau de test majeur.
Et si les essais de Sepolia et de Hoodi se déroulent correctement, Glamsterdam pourrait devenir l’une des évolutions les plus importantes d’Ethereum depuis plusieurs années.
À propos de l’auteur
Je suis Adrien Hassler, créateur d’AdrienTech, un média consacré à l’intelligence artificielle, aux nouvelles technologies, aux sciences, à l’astronomie et à la blockchain. Passionné par l’innovation, j’explore les technologies qui transforment notre environnement numérique et scientifique, avec l’envie de continuer à apprendre, de comprendre et de partager mes découvertes de manière accessible et documentée.