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Data centers sous-marins : la solution pour l’IA de demain ?

Data centers sous-marins : la solution pour l’IA de demain ?

Alors que l’intelligence artificielle fait exploser les besoins en électricité, en refroidissement et en infrastructures informatiques, une idée autrefois considérée comme futuriste commence à devenir une réalité : installer des serveurs au fond de la mer.

Par Adrien Hassler

Les data centers sont devenus l’une des infrastructures essentielles de l’économie numérique. Ils font fonctionner les moteurs de recherche, les services cloud, les réseaux sociaux et désormais une grande partie des systèmes d’intelligence artificielle.

Mais cette croissance a un coût.

Les nouveaux modèles d’IA nécessitent des milliers de GPU fonctionnant en parallèle. Ces équipements consomment beaucoup d’électricité et produisent énormément de chaleur. Les centres de données doivent donc trouver de nouvelles solutions pour alimenter et refroidir leurs infrastructures.

Cette problématique est au cœur de notre article consacré au mur énergétique auquel font face les data centers.

Jusqu’à présent, la réponse consistait principalement à construire des installations toujours plus grandes sur terre.

Une autre possibilité commence pourtant à prendre forme : placer directement les serveurs sous la surface de l’océan.

L’idée peut sembler surprenante.

Pourtant, en 2026, la Chine exploite désormais un data center sous-marin commercial alimenté directement par de l’énergie éolienne offshore et refroidi par l’eau de mer. Le projet de Shanghai Lingang dispose d’une capacité prévue de 24 MW et est présenté comme une infrastructure destinée notamment aux nouveaux besoins de calcul liés à l’intelligence artificielle. (Shanghai Municipal Government)

La question n’est donc plus vraiment de savoir si un data center peut fonctionner sous l’eau.

La question devient : peut-on réellement en faire une solution à grande échelle pour l’IA ?

Pourquoi installer des serveurs sous la mer ?

Le principal intérêt est extrêmement simple : l’océan est un immense système de refroidissement naturel.

Un serveur transforme une grande partie de l’électricité qu’il consomme en chaleur.

Dans un data center classique, cette chaleur doit être évacuée grâce à des systèmes de ventilation, de climatisation ou de refroidissement liquide. Plus les processeurs deviennent puissants, plus cette gestion thermique devient complexe.

Les GPU utilisés pour l’intelligence artificielle sont particulièrement concernés.

Les nouvelles générations de processeurs sont capables de concentrer une puissance de calcul considérable dans des espaces relativement réduits.

La densité thermique augmente donc elle aussi.

Sous l’eau, la situation est différente.

Les serveurs peuvent être placés dans des modules étanches et utiliser indirectement l’eau de mer comme dissipateur thermique.

Le principe consiste à transférer la chaleur du système informatique vers l’environnement marin, sans que l’eau de mer entre directement en contact avec l’électronique.

La mer devient ainsi une gigantesque source froide disponible en permanence.

Microsoft avait déjà testé l’idée

L’idée n’est pas née en Chine.

Microsoft l’avait déjà expérimentée avec Project Natick.

Entre 2018 et 2020, l’entreprise avait installé un module contenant des serveurs au large des îles Orcades, en Écosse.

Le système a fonctionné pendant environ deux ans avant d’être récupéré et analysé.

Les résultats avaient été particulièrement intéressants.

Microsoft indique que le taux de défaillance des serveurs du prototype sous-marin avait été environ huit fois inférieur à celui du groupe de contrôle terrestre. L’entreprise attribue notamment cette différence à l’environnement gazeux contrôlé du module et à l’absence d’intervention humaine régulière sur les équipements. (Microsoft Research)

Le projet avait donc démontré que l’idée était techniquement réalisable.

Mais Microsoft n’a pas transformé Natick en activité commerciale à grande échelle.

La Chine est aujourd’hui en train d’essayer de franchir cette étape.

Shanghai transforme l’expérience en infrastructure commerciale

Le projet de Shanghai Lingang constitue une évolution importante.

La première phase du projet représente 2,3 MW, tandis que l’infrastructure doit atteindre une capacité totale de 24 MW.

Le principe associe deux technologies :

l’énergie éolienne offshore pour alimenter les serveurs

et

l’eau de mer pour participer à leur refroidissement.

Le projet est situé à environ 10 kilomètres au large de Shanghai. Il est entré en fonctionnement en mai 2026 et constitue, selon les autorités chinoises, le premier data center sous-marin directement alimenté par une ferme éolienne offshore. (Shanghai Municipal Government)

L’objectif est de réduire simultanément la consommation d’énergie consacrée au refroidissement, l’utilisation d’eau douce et les besoins en foncier.

Le projet est prévu pour atteindre un PUE inférieur à 1,15, avec plus de 90 % de son électricité provenant à terme de l’éolien offshore. (Shanghai Municipal Government)

Un PUE inférieur à 1,15

Pour mesurer l’efficacité énergétique d’un data center, les ingénieurs utilisent notamment le PUE, pour Power Usage Effectiveness.

Le principe est relativement simple.

Un PUE de 1,0 signifierait que pratiquement toute l’énergie consommée par l’installation est utilisée directement par les équipements informatiques.

Plus le chiffre augmente, plus une partie importante de l’électricité est consacrée à des fonctions auxiliaires : refroidissement, alimentation électrique, ventilation, éclairage, etc.

Un PUE inférieur à 1,15 signifie donc que les infrastructures auxiliaires représentent une part relativement faible de la consommation totale.

C’est particulièrement intéressant pour les infrastructures d’IA, qui doivent déjà consacrer d’importantes quantités d’énergie au calcul.

Pourquoi l’IA change complètement le problème

Le développement de l’intelligence artificielle pousse les data centers vers des densités de puissance inédites.

Entraîner un grand modèle nécessite des milliers de processeurs fonctionnant simultanément.

Mais le problème ne s’arrête pas à l’entraînement.

Une fois le modèle disponible, chaque requête envoyée par un utilisateur nécessite elle aussi du calcul.

Avec la généralisation des assistants IA et des agents autonomes, la demande d’inférence pourrait continuer à augmenter fortement.

C’est pourquoi le refroidissement devient un élément stratégique.

Les nouvelles générations de GPU et d’accélérateurs poussent progressivement les data centers vers le refroidissement liquide, avec des infrastructures beaucoup plus complexes que les systèmes traditionnels utilisant uniquement de l’air.

Le refroidissement devient donc presque aussi important que la puissance de calcul elle-même.

La mer comme radiateur géant

Le principe physique est finalement assez élégant.

Un data center terrestre doit transporter la chaleur vers l’extérieur.

Un data center sous-marin peut utiliser directement son environnement comme puits thermique.

La chaleur produite par les serveurs est transférée à un circuit de refroidissement, puis évacuée vers l’eau environnante.

La température relativement stable de l’océan constitue un avantage supplémentaire.

Il n’est donc plus nécessaire de reproduire artificiellement certaines conditions de refroidissement grâce à d’importantes infrastructures mécaniques.

C’est précisément ce qui permet de réduire la quantité d’énergie consacrée au refroidissement.

Mais l’océan ne fournit pas d’électricité

Il existe toutefois une confusion fréquente.

Mettre un data center sous l’eau ne résout pas automatiquement son problème énergétique.

Les serveurs ont toujours besoin d’électricité.

C’est pourquoi le projet de Shanghai est particulièrement intéressant : il cherche à associer refroidissement marin et production éolienne offshore.

Les deux technologies répondent ainsi à deux contraintes différentes.

L’eau de mer aide à évacuer la chaleur.

L’éolien offshore fournit une partie importante de l’électricité.

Le projet vise à terme plus de 90 % d’approvisionnement électrique provenant de sources éoliennes offshore. (Shanghai Municipal Government)

Cette association permet d’imaginer une infrastructure informatique située directement à proximité d’une source importante d’énergie renouvelable.

La Chine ne s’arrête pas à Shanghai

Shanghai n’est d’ailleurs pas le seul projet chinois.

À Hainan, un autre data center sous-marin fonctionne depuis plusieurs années.

En 2025, la Chine annonçait l’extension d’un cluster de calcul sous-marin capable d’accueillir plusieurs centaines de serveurs haute performance.

Selon les autorités chinoises, cette infrastructure peut être utilisée pour des applications d’intelligence artificielle, de simulation industrielle, de développement logiciel et de recherche scientifique. (Government of China)

Le projet de Hainan montre quelque chose d’important :

l’idée n’est plus uniquement expérimentale.

Des infrastructures sous-marines sont désormais utilisées pour fournir de la capacité informatique à des applications réelles.

Pourquoi ne pas simplement construire des data centers dans des régions froides ?

C’est une question parfaitement légitime.

Après tout, si l’objectif est de refroidir les serveurs, il pourrait sembler plus simple de construire des infrastructures dans des régions froides ou proches de grandes sources d’énergie.

Mais les contraintes des data centers sont multiples.

Il faut disposer d’électricité, de terrains, de connexions réseau, d’une capacité de refroidissement, d’une alimentation électrique stable et de suffisamment de fibres optiques.

Les régions côtières peuvent présenter une combinaison intéressante de ces facteurs.

Elles permettent également d’utiliser l’énergie éolienne offshore à proximité immédiate des infrastructures informatiques.

L’idée est donc moins de remplacer tous les data centers terrestres que d’ajouter une nouvelle catégorie d’infrastructure.

Le problème de la maintenance

C’est probablement le principal argument contre les data centers sous-marins.

Un serveur tombe en panne dans un data center classique ?

Un technicien peut potentiellement intervenir dans les minutes qui suivent.

Un serveur tombe en panne dans un module immergé ?

La situation devient beaucoup plus complexe.

Il faut localiser le problème.

Isoler éventuellement le module.

Le remonter ou intervenir avec des équipements spécialisés.

Puis assurer sa remise en service.

La maintenance sous-marine est donc beaucoup plus complexe que la maintenance d’un bâtiment traditionnel.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les architectures sous-marines privilégient une approche modulaire.

Plutôt que d’envoyer régulièrement des techniciens réparer chaque serveur, il peut être plus efficace de concevoir des modules capables de fonctionner pendant de longues périodes avant leur remplacement ou leur maintenance.

La fiabilité pourrait pourtant être meilleure

C’est là que les résultats de Microsoft deviennent intéressants.

L’expérience Natick avait montré une fiabilité supérieure à celle du groupe terrestre utilisé comme comparaison. Microsoft explique notamment que l’environnement contrôlé à l’intérieur du module et l’absence d’intervention humaine régulière ont pu contribuer à cette différence. (Project Natick)

Les serveurs étaient enfermés dans une atmosphère d’azote plutôt que dans l’air terrestre.

L’oxygène et l’humidité étaient donc fortement limités.

Il n’y avait pas non plus de techniciens ouvrant régulièrement les équipements.

Cela réduit potentiellement certaines sources de contamination et de corrosion.

Le paradoxe est donc intéressant :

l’accès aux serveurs devient beaucoup plus difficile, mais les serveurs eux-mêmes pourraient fonctionner dans un environnement plus stable.

Et la corrosion ?

L’eau de mer reste évidemment un environnement extrêmement agressif.

Le sel accélère la corrosion des matériaux.

Les câbles sous-marins doivent résister à des contraintes mécaniques et environnementales.

Les modules doivent supporter la pression.

Les systèmes d’étanchéité doivent rester fiables sur de longues périodes.

Chaque composant doit donc être conçu pour un environnement marin.

Les data centers sous-marins ne suppriment pas les contraintes physiques.

Ils les déplacent.

Et certaines deviennent même beaucoup plus exigeantes.

Le problème environnemental n’est pas réglé

Il serait également trop facile de présenter les data centers sous-marins comme une solution automatiquement écologique.

Réduire la consommation électrique du refroidissement est une chose.

Il faut également considérer ce que devient la chaleur produite.

Un data center sous-marin rejette finalement cette chaleur dans son environnement.

À petite échelle, l’effet peut être limité.

Mais une multiplication des infrastructures pourrait poser de nouvelles questions sur les écosystèmes marins.

Il faut également prendre en compte la fabrication des modules, les câbles sous-marins, les opérations de maintenance et la fin de vie des équipements.

Une infrastructure plus efficace énergétiquement n’est pas nécessairement sans impact environnemental.

C’est pourquoi les projets commerciaux devront être accompagnés d’études environnementales à long terme.

La cybersécurité devient elle aussi particulière

Un autre problème est moins visible.

Un data center sous-marin est difficile à atteindre physiquement.

Cela peut constituer un avantage en matière de sécurité.

Mais il n’est évidemment pas impossible à attaquer.

Les connexions réseau et électriques restent des points critiques.

Des chercheurs ont également étudié des attaques acoustiques spécifiques aux infrastructures informatiques sous-marines. Dans une étude publiée sur arXiv consacrée aux vulnérabilités acoustiques des data centers sous-marins, les chercheurs montrent expérimentalement que certaines vibrations acoustiques peuvent perturber des systèmes de stockage et des mécanismes logiciels dans des environnements sous-marins.

Cette recherche reste expérimentale et ne signifie évidemment pas qu’un data center sous-marin est facilement piratable.

Elle rappelle néanmoins une réalité importante :

chaque nouvelle architecture informatique crée aussi une nouvelle surface d’attaque.

L’avantage stratégique de la proximité avec les énergies renouvelables

Le projet de Shanghai est particulièrement intéressant sous cet angle.

L’éolien offshore possède un potentiel considérable, mais son intégration dans les réseaux électriques peut être complexe.

Associer directement une infrastructure informatique à une source d’électricité renouvelable permet de créer une forme de consommation flexible.

Une partie de la capacité informatique pourrait potentiellement être adaptée à la disponibilité de l’énergie.

Cette logique rejoint une tendance plus large : rapprocher les data centers des sources d’électricité disponibles plutôt que de construire systématiquement les infrastructures là où se trouvent les utilisateurs.

L’intelligence artificielle transforme donc progressivement la géographie de l’informatique.

Les data centers pourraient-ils devenir des infrastructures maritimes ?

C’est probablement la question la plus intéressante.

Si les expériences chinoises se confirment sur plusieurs années, on pourrait imaginer une nouvelle génération de data centers construits directement en mer.

Certains pourraient être associés à des parcs éoliens offshore.

D’autres pourraient être installés à proximité des grands câbles sous-marins.

Certains pourraient servir principalement au calcul IA.

D’autres pourraient être dédiés au stockage ou à des applications nécessitant beaucoup de puissance.

Le concept pourrait également être intéressant pour les zones côtières où le foncier disponible est limité.

Mais il reste beaucoup de questions avant d’envisager un déploiement massif.

Le facteur économique sera déterminant

La technologie peut fonctionner.

La vraie question est : est-elle rentable ?

Un data center ne se résume pas au prix de l’électricité.

Il faut également compter la construction des modules, les câbles, les navires et équipements de maintenance, les systèmes de sécurité, le réseau, les assurances, les opérations de récupération et le remplacement du matériel.

Un data center sous-marin qui consomme moins d’énergie mais coûte beaucoup plus cher à construire et à maintenir n’est pas nécessairement une bonne solution.

C’est précisément pour cela que les projets actuellement en service sont importants.

Ils permettent de passer du laboratoire à l’économie réelle.

Une réponse parmi d’autres au problème énergétique de l’IA

Il serait donc prématuré d’affirmer que les data centers sous-marins vont remplacer les infrastructures terrestres.

Ils ne le feront probablement pas.

Le futur sera plutôt composé d’un ensemble de solutions :

refroidissement liquide

data centers proches des sources d’énergie

énergies renouvelables

récupération de chaleur

nouveaux matériaux

puces plus efficaces

et peut-être, dans certains cas, data centers sous-marins.

L’objectif commun reste le même :

produire davantage de calcul avec moins d’énergie et moins de ressources.

Cette problématique devient d’autant plus importante que les besoins énergétiques des infrastructures IA continuent de progresser. Une étude récente consacrée aux impacts environnementaux et économiques des data centers IA souligne notamment le rôle de l’électricité, du refroidissement, de l’eau et du foncier dans leur empreinte globale. (arXiv)

Le véritable enjeu est la densité de calcul

L’IA pousse l’industrie informatique vers une nouvelle réalité.

Pendant des décennies, améliorer les performances signifiait principalement construire des processeurs plus rapides.

Aujourd’hui, il faut également savoir où installer ces processeurs.

Comment les alimenter.

Comment les refroidir.

Comment transporter les données.

Et comment gérer la chaleur qu’ils produisent.

Le data center devient donc progressivement une composante aussi importante que la puce elle-même.

C’est particulièrement visible avec les infrastructures dédiées aux modèles d’intelligence artificielle.

Une puce extrêmement performante ne sert à rien si l’infrastructure ne peut pas lui fournir suffisamment d’électricité ou évacuer sa chaleur.

La Chine teste déjà l’après-data center traditionnel

C’est finalement ce qui rend le projet de Shanghai intéressant.

Il ne faut pas le considérer uniquement comme une curiosité technologique.

Il s’agit d’une tentative pour répondre à plusieurs contraintes simultanément :

moins de terrain

moins d’eau douce

moins d’énergie consacrée au refroidissement

accès à l’énergie éolienne offshore

et capacité informatique dédiée aux nouveaux usages de l’IA.

Le projet reste encore petit à l’échelle des gigantesques infrastructures IA mondiales.

Mais il constitue un test grandeur nature.

Si les modules fonctionnent pendant des années avec des coûts d’exploitation compétitifs, l’intérêt pour cette technologie pourrait considérablement augmenter.

Une idée futuriste qui devient progressivement concrète

Il y a quelques années encore, installer des serveurs au fond de la mer ressemblait à une expérience de laboratoire.

Microsoft l’avait déjà expérimentée avec Project Natick, une expérience que nous avons détaillée dans notre article consacré aux serveurs informatiques installés au fond de l’océan.

C’est une différence majeure.

Le futur des infrastructures IA ne se jouera probablement pas uniquement dans d’immenses bâtiments construits au milieu des terres.

Une partie du calcul pourrait être déplacée vers des environnements inattendus : sous terre, près des centrales électriques, sur des plateformes offshore ou même sous la surface de l’océan.

L’explosion de l’intelligence artificielle oblige finalement l’industrie à poser une question très simple :

Où allons-nous mettre toutes ces machines ?

La réponse pourrait, au moins en partie, se trouver sous nos pieds.

Ou sous nos océans.

À propos de l’auteur

Adrien Hassler est le créateur d’AdrienTech, un média consacré à l’intelligence artificielle, aux nouvelles technologies, aux infrastructures numériques et à l’astronomie. À travers ses articles, il analyse les évolutions scientifiques et technologiques qui transforment progressivement notre quotidien.

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